#2/ Entrepreneuriat : pourquoi tu as peur de te lancer, et pourquoi c’est normal ?

 

Lancer un projet entrepreneurial n’est pas un choix toujours évident, malgré l’envie. Cela va te demander de la préparation pour anticiper les étapes, ainsi que beaucoup de résilience et de persévérance. Comment avancer dans cette aventure, malgré des peurs et beaucoup d’inconnu.

 

#2/L’Entrepreneuriat

Dépasser ses peurs.

 

La peur de te lancer, pourquoi elle intervient ?

Tu y penses depuis des mois, peut-être même des années.
L'idée de quitter ton poste pour te lancer à ton compte t’habite, t’excite même par moments. Et pourtant, dès que tu t’approches du passage à l’acte,  quelque chose te retient. Une boule au ventre. Des nuits à ressasser les mêmes questions. Et cette petite voix qui murmure : "Et si tu n'y arrivais pas ?"

Si tel est ton cas, bonne nouvelle !
Tu n’es pas cassé(e), tu n'es pas trop prudent(e), tu n’es pas "pas fait(e) pour l'entrepreneuriat". Tu es simplement un(e) humain(e), face à un changement important.
Cette peur, loin d'être un signal d'alarme à fuir, est une information précieuse à écouter.

La peur n'est pas l'ennemie de ton projet.

On projette souvent l'image de l'entrepreneur "sans peur", qui fonce tête baissée sans jamais douter. Cette image est un mythe. La plupart des personnes qui se sont reconverties avec succès vers l'indépendance ont traversé exactement les mêmes doutes et les mêmes nuits blanches que toi.

La peur, dans ce contexte, n'est pas un défaut de caractère.
C'est une réaction totalement logique de ton cerveau face à une prise de risque réelle : perte de la sécurité du salariat, incertitude sur les revenus, exposition à un jugement extérieur, responsabilité entière du résultat, accepter d’avancer sans savoir toutes les retombées.
Ton cerveau fait simplement son job : il t’alerte sur un changement important à venir.

Le problème n'est donc pas d'avoir peur. Le problème, c'est de laisser cette peur t’envahir et décider à ta place.

D'où vient concrètement cette peur ?

En coaching, quand on prend le temps de décortiquer "la peur de se lancer", celle-ci se révèle rarement être une peur unique. Elle est en général un mélange de plusieurs peurs bien distinctes. Les identifier permet d’y voir plus clair :

La peur financière. Ne plus avoir de salaire fixe, ne pas savoir combien vous allez gagner le mois prochain. Cette peur est concrète et légitime. Elle peut se travailler et s’atténuer avec de la préparation et un travail de projection financière sur les mois à venir (tableau des charges, trésorerie, plan B envisageable…).

La peur du jugement. La peur d’être jugé par ton entourage, tes anciens collègues, ou même ta propre famille qui ne comprend pas toujours ce choix peut accentuer ton sentiment d’illégitimité et bloquer ton passage à l’action. Cette peur-là parle davantage de ton rapport à l'approbation des autres que de ton projet lui-même.

 

La peur de l'échec. "Et si je me plantais ?" Sous la peur de l’échec réside une croyance plus profonde : celle que l'échec dirait quelque chose de définitif sur ta valeur. Or un projet qui ne fonctionne pas comme prévu n'efface ni tes compétences, ni ton parcours et n’est pas synonyme de fin définitive. Parfois même, l’aventure peut aussi être composée de mini échecs avant « la réussite » et la pérennisation d’un projet à long terme.

La peur de perdre son identité. Après 10, 15, 20 ans dans un même métier ou une même entreprise, une partie de ton identité s’est naturellement construite autour de ce statut. En quittant ce poste, tu fais aussi face à une forme de deuil car tu quittes cette ancienne identité et tu vas devoir en construire une nouvelle, en parallèle de ton lancement de projet, ce qui peut apparaitre comme un gros enjeu pour certain(e)s.

La peur de ne pas être légitime. Elle est fréquente chez les personnes qui changent de secteur.
Le syndrome de l’imposteur peut alors surgir et stagner la progression "Qui suis-je pour me positionner comme un expert dans ce nouveau domaine ?". Cette peur diminue presque toujours avec l'expérience de terrain, mais elle est très présente au démarrage.

Reconnaître laquelle (ou lesquelles) de ces peurs t’habite le plus peut te permettre de sortir dans un premier temps du sentiment flou et écrasant de "j'ai peur de tout", et de trouver ensuite des actions ciblées qui vont te mettre en énergie et augmenter ta confiance.

Ce que la peur essaie de te dire (et ce qu'elle ne dit pas)

Deux types de peurs bien distinctes existent, les confondre pourrait te pousser à rester bloquées plus longtemps que nécessaire dans un sentiment d’illégitimité :

  • La peur qui signale un vrai manque de préparation : tu n’as pas encore testé ton offre, tu ne disposes pas de trésorerie de sécurité, et tu n’as pas encore de premiers clients identifiés.
    Cette peur est utile : elle te dit "prépare-toi encore un peu avant de sauter".

  • La peur qui signale simplement que tu sors de ta zone de confort : le projet est solide, préparé, réfléchi, mais l'inconnu fait peur par nature.
    Cette peur-là ne disparaîtra jamais complètement avant de se lancer, elle diminue seulement après avoir commencé.

Beaucoup de personnes en reconversion attendent que la deuxième peur disparaisse avant d'agir. Elle ne disparaîtra pas. Elle s'atténue surtout avec l'action, pas avec la réflexion supplémentaire.
Agir, même en commençant petit, aide à débloquer cette sensation de blocage.

Ce qui aide concrètement à avancer malgré la peur

  • Tester avant de tout quitter. Lancer une activité en parallèle, sur un temps limité, permet de transformer la peur abstraite en expérience concrète.

  • Parler à ceux qui l’ont déjà réalisé. Rien ne normalise davantage une peur que d'entendre quelqu'un d'autre raconter qu'il a ressenti exactement pareil, et que ça ne l'a pas empêché d'avancer. Partager et étoffer ton réseau peut aider à relativiser sur les étapes en cours et à venir et maintenir ton énergie d’action.

  • Se faire accompagner. Un regard extérieur permet de distinguer ce qui relève d'un vrai signal d'alerte de ce qui relève simplement de l'inconfort du changement. Avancer avec un plan plutôt que seul face au doute est parfois ce dont tu as le plus besoin. Le coaching peut alors entrer en jeu à ce moment.

  • Accepter de ne jamais être "prêt(e) à 100%". La confiance se construit en avançant pas à pas, en passant à l’action et en acceptant chaque étape de l’expérience. Il faut sortir de ta projection mentale et accepter de te lancer, complètement, même avec des zones inconnues.

En résumé

Avoir peur de te lancer ne veut pas dire que tu n’es pas fait(e) pour l'entrepreneuriat. Au contraire, cela veut dire que tu es conscient(e) de l'enjeu, et c'est très positif : ce sont souvent les personnes qui minimisent totalement le risque qui rencontrent par la suite le plus de difficultés.
La préparation, la patience et l’acceptation sont les ingrédients nécessaires pour une expérience bien vécue. Le plus important est de surtout garder ce sentiment de flexibilité et d’adaptabilité du moment présent. Il est bon de pouvoir anticiper et mesurer les risques, mais il est tout aussi important d’oser avancer parfois aussi à l’aveugle.

A nouveau, tout est une question d’équilibre, à toi de trouver le tien !

Tu te reconnais dans cet article et tu te demandes comment avancer concrètement dans ta reconversion ?
Un accompagnement en coaching peut t’aider à y voir plus clair et à structurer ta transition, étape par étape. On en parle ensemble ?

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