#1/ Syndrome de l’imposteur : comment le surmonter ?

 

Face à un changement important, beaucoup d’entre nous sont envahis par les doutes.
Quelles sont les causes de ce syndrome qui peuvent parfois mener jusqu’à l’auto-sabotage ?
Quelles solutions permettent d’y faire face et de revenir dans l’action ?

#1/Syndrome de l’imposteur

 

Syndrome de l’imposteur : qu’en-est-il vraiment ?

Es-tu rapidement pris de doutes lorsqu’une demande inhabituelle t’est formulée ? Commences-tu à te remettre instantanément en questions ? Ressens-tu le sentiment d’illégitimité augmenter et à l’inverse, ton estime est-elle en train de chuter ? As-tu régulièrement “peur d’être démasqué(e)” ou bien la sensation de “te sentir incapable” quand tu prends de nouvelles responsabilités ou que tu es à l’aube de grands changements dans ta vie et ce, malgré les réussites précédentes ? Te ressens-tu en insécurité face à ces changements avec une augmentation de ton état de stress et d’angoisse ?
Tu es alors probablement touché par le syndrome de l’imposteur.

Quand et pourquoi le syndrome de l’imposteur se manifeste ?

Tout le monde peut un jour dans sa vie rencontrer ce sentiment d’imposture. Attribuer sa réussite à la chance plutôt qu’à ses compétences ou encore tomber dans le sentiment d’illégitimité dès que le nouvel enjeu apporte un sentiment d’inconnu sont des pensées qu’on retrouve chez les personnes concernées.
Le focus est davantage mis en exergue sur les risques potentiels qui pourraient advenir plutôt que sur les aspects positifs et la potentielle réussite qui pourrait exister.
Bien sûr, ceci n’est jamais fait de façon volontaire. La plupart du temps, ce cercle vicieux de pensées s’enclenche avant même que l’on n’ait pu en voir venir les conséquences.
Il est donc important, de savoir reconnaître ce qu’il se joue, reconnaître l’inconfort intérieur qui se crée sur le moment et découvrir les techniques qui pourraient être appliquées afin de contrer ces pensées parasites et rester dans une posture équilibrée et active.

Manque de confiance en soi VS syndrome de l’imposteur : quelle différence ?

Ces deux notions sont souvent confondues car pour les deux, une augmentation des doutes ainsi qu’une faible estime de soi peuvent se manifester. Toutefois, elles sont légèrement différentes car elles font appel à des mécanismes distincts.
Une personne peut manquer de confiance en elle dans la pratique de certains domaines sans pour autant souffrir du sentiment d’imposture. A l’inverse, une autre peut enchaîner les succès dans sa vie et se sentir confiante, tout en alimentant en elle un fort sentiment d’illégitimité malgré tout.

Le manque de confiance en soi intervient surtout quand nous doutons de nos capacités à un instant T, dans certaines pratiques (prise de parole en public, nouveau job, nouvelle activité, changement de lieu ou d’habitudes, examen…). Toutefois, il peut vite être atténué et tendre à disparaître, une fois que la pratique a été expérimentée à plusieurs reprises et devient donc synonyme de réussite.

Au contraire, le syndrome de l’imposteur lui, persiste, malgré les preuves concrètes de compétences et de réussites. C’est un puit sans fond, malgré les succès qui s’enchaînent et se répètent, les doutes demeurent et le sentiment d’imposture ne cesse de grandir. C’est également ce qui peut renforcer le sentiment d’illégitimité. Constater ce décalage entre la réussite vécue et continuer de cultiver le doute malgré tout peut accroitre la culpabilité de la personne concernée qui n’arrive pas à sortir de cette manière de procéder.

 

« Pour aller chercher votre diamant, il faut taper dans la pierre et cela ne se fera pas sans mal. Vous allez avoir des ampoules, c’est énormément de travail, de répétitions, voire presque de l’acharnement. Mais une fois que le diamant est là, que vous pouvez l’extirper et le façonner davantage, cela devient incroyablement beau.

Vous êtes ce diamant. »

Les différents profils adoptés face à ce syndrome.

Le super héros : Il fait les choses à 1000%. Il ne s’arrête jamais car il cherche sans cesse à repousser ses limites. Il court à son propre épuisement car il alimente ce sentiment de ne jamais en faire assez ce qui accentue le syndrome.

Le génie inné : Il est celui qui maîtrise tout et se repose beaucoup sur ses capacités. Il avance facilement et peut, à l’inverse du super héros, rester plus longtemps sur ses acquis car il compte sur son talent naturel pour faire face aux situations. Ce n’est que quand il aura affaire à des obstacles ou des situations non maîtrisées que le sentiment de honte et de décalage pourra alors émerger.

Le perfectionniste : Il cherche à atteindre l’excellence en se fixant des objectifs parfois irréalistes, et ce, dans tous les domaines de sa vie. C’est une personne qui cherche à contrôler chaque parcelle de sa vie car le moindre imprévu ou échec peut à lui seul réveiller chez lui ce sentiment d’immérité.

Le solitaire : Comme son nom l’indique, il cherche à avancer et réussir à tout prix par lui-même. Demander de l’aide extérieure n’est pas envisageable car cela nécessiterait alors d’avouer son incapacité à réussir et engendrerait un fort sentiment d’inéquation.

Le savant : Il assure grâce aux connaissances qu’il a acquit au fil de ses études et expériences. Il n’est pas question pour lui de ne pas savoir ou ne pas connaître quelque chose, son image est construite sur son intelligence implacable.

Quelles sont les causes véritables de ce syndrome ?

De nombreuses causes et facteurs peuvent intervenir et participer à l’augmentation de ce sentiment.

  • La pression parentale reçue enfant pour obtenir d’excellents résultats scolaires, sportifs ou même disciplinaires peuvent être, une fois adulte, maintenue inconsciemment, et alimenter le sentiment que ce n’est jamais assez, qu’il faut absolument en faire plus encore pour réussir, qu’on doit répondre à ce rôle qui nous a été attribué, parfois malgré nous.

  • Les nouvelles responsabilités qui surviennent et qui nous laissent face à l’inconnu et nous apporte le sentiment de ne pas maîtriser la nouvelle situation (manque de flexibilité, de lâcher prise et de confiance face à l’imprévu et aux mouvements naturels de la vie).

  • Les préjugés sociétaux hérités de nos origines familiales, de notre genre, de notre culture, peuvent également accentuer le sentiment de devoir faire les choses à la perfection pour être accepté(e) par le groupe auquel on accole notre identité, afin de ne pas risquer de subir un jour le rejet ou l’abandon de ce groupe en question, et donc, de perdre son identité héritée.

Quelles techniques pour le surmonter ?

Bien heureusement, il existe de nombreuses techniques pour dépasser ce syndrome de l’imposteur et réussir à sortir de ce schéma de pensées.

Tout d’abord, commencer à reconnaître ce qu’il se joue en toi, oser nommer le sentiment d’inéquation et essayer d’en comprendre la cause peut être un premier pas.
Ensuite, il n’est pas non plus question de te culpabiliser ou de te comparer aux autres, ni de rester dans une boucle d’analyses sans fin.
L’idée est donc de te regarder avec honnêteté et douceur pour trouver les comportements et les actions qui pourraient diminuer tes doutes et renforcer ta propre estime, ainsi que ta confiance.

En parler autour de toi et partager ce qu’il se passe à l’intérieur de toi une fois que tu as pris conscience de ce qu’il se joue peut être très libérateur. Beaucoup de personnes proches vivent sûrement ce même sentiment et pouvoir échanger sur la problématique en te sentant accueilli et compris peut avoir un vrai effet déculpabilisant. Certaines personnes pourront même te partager leurs bonnes pratiques, à toi de voir par la suite si celles-ci te conviennent et de trouver la tienne.

Le syndrome de l’imposteur est surtout un souci de déploiement de ton plein potentiel et non une pathologie en tant que telle.
Le coaching pourrait justement t’aider à prendre conscience de ton potentiel et revenir dans l’action juste.

Voici quelques propositions :
Faire face au sentiment d’inconfort et identifier les moments où l’angoisse monte et prend le dessus sur tes pensées.
Savoir le reconnaître, ralentir et être à ton écoute dans ces moments pour accueillir ce qu’il se joue.
Te recentrer sur ta respiration et tenter de contrer les pensées qui arrivent avec la montée de stress en essayant de te focaliser sur le positif et te répéter: “j’ai déjà réussi professionnellement par le passé”, “je suis autant capable qu’un(e) autre d’y arriver”, “et si tout se passait bien pour une fois”, “j’ai travaillé et fait ce qu’il fallait pour que tout se passe bien” etc…
Alimenter ces pensées positives quotidiennement au travers de petites réussites et actions positives pour toi peut te permettre de retrouver petit à petit confiance en toi et en tes propres capacités, et à terme, changer ta narrative.
Entretenir une pensée positive peut aussi t’aider à contrer les scénarios catastrophes qui arrivent dans tes pensées de manière automatique.
Il est bon aussi de pouvoir t’octroyer la possibilité de réussir et d’atteindre les objectifs envisagés sans y accorder une trop grande attente, ni de t’y accrocher.
Le but est donc de cultiver ce sentiment positif du “tout est possible” de façon juste, tout en renversant la tendance de ton cerveau à envisager automatiquement l’échec. T’accorder, pour une fois, la possibilité d’y arriver et laisser la vie faire.
A force de répétition, une nouvelle histoire plus positive prendra place de façon automatique dans ton esprit, et au fil du temps, tu finiras même par le faire sans réfléchir.

Enfin, sortir à tout prix du sentiment de culpabilité et ne pas trop te mettre de pression supplémentaire.
Personne n’est parfait, chacun fait face à ses propres doutes et difficultés, le principal étant de trouver les solutions qui pourront t’aider à soulager tes pensées et casser cette boucle automatique qui ne te convient plus.
Accepter la marge de progression, l’envisager comme une opportunité et non comme une ennemie et avancer hors de ta zone de confort, à ton rythme, en étant fièr(e).

Dépasser ses blocages et adopter de nouveaux comportements inhabituels demande du temps.
Alors sois doux-ce avec toi-même et vois cela comme une expérience positive et une nouvelle possibilité d’évolution.

Si la mise en place de ces nouvelles actions t’apparaît comme difficile, en parler avec un professionnel de la santé (médecin généraliste, psychiatre, thérapeute…) peut être une option envisageable et peut te permettre de débloquer ta situation en s’adaptant à toi et tes besoins, alors n’hésites pas.

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